Le budget proposé par le président Trump pour l’exercice 2019 comprend 425 millions de dollars de coupes du financement destiné au Fonds mondial

4. NOUVELLES
9 Mar 2018
Le budget a peu de chances, voire aucune, d’être adopté

Le président américain Donald Trump a envoyé au Congrès une proposition de budget pour l’exercice 2019 qui suppose une réduction d’environ 425 millions de dollars de financement destiné au Fonds mondial. Aux États-Unis, l’exercice 2019 commence le 1er octobre 2018. Les États-Unis sont de loin le plus gros donateur du Fonds mondial, contribuant environ 1,35 milliard de dollars par an.

Le budget proposé, qui « a peu de chances, voire aucune, d’être adopté tel quel, revient à un énoncé de la vision de M. Trump », peut-on lire dans un article du New York Times. Quoi qu’il en soit, les ONG n’ont pas tardé à se prononcer contre les coupes envisagées.

 

Selon les estimations de Health GAP (Projet pour l’accès mondial à la santé), le budget proposé réduirait de bien plus d’un milliard de dollars les programmes mondiaux de lutte contre le sida au Département d’État, à USAID (notamment au niveau du PEPFAR et de l’Initiative présidentielle pour lutter contre le paludisme) et aux Centres pour le contrôle et la prévention des maladies.

Une réduction de 425 millions de dollars du financement destiné au Fonds mondial aurait des conséquences dévastatrices. Les Amis de la lutte mondiale contre le sida, la tuberculose et le paludisme (les « Amis ») estiment que les réductions envisagées auraient les effets suivants :

  • 565 250 vies sauvées en moins au travers des programmes soutenus par le Fonds mondial ;
  • 454 750 personnes en moins placées sous traitement antirétroviral ;
  • 131 750 femmes en moins bénéficiant d’un traitement pour prévenir la transmission du VIH à leur enfant ;
  • 650 250 personnes en moins bénéficiant de la prise en charge et du traitement de la tuberculose ;
  • 18 275 personnes en moins traitées contre la tuberculose multirésistante ;
  • 26 millions de moustiquaires en moins distribuées pour protéger les enfants et leur famille du paludisme ;
  • 5,1 millions de foyers en moins traités par pulvérisation intradomiciliaire à effet rémanent pour protéger les enfants et leur famille du paludisme ; et
  • perte du potentiel de prévenir huit millions de nouvelles infections par le VIH, la tuberculose et le paludisme.

 

 

 « Les réductions proposées gâcheraient les progrès accomplis face au sida, à la tuberculose et au paludisme et risqueraient d’entraîner une recrudescence des maladies » a déclaré Chris Collins, président des Amis dans un communiqué de presse. « Se dégager de l’engagement des États-Unis de lutter contre les maladies infectieuses aurait un impact dévastateur sur la vie de millions de personnes dans le monde entier, et saperait les intérêts économiques et sécuritaires de notre propre pays. Nous ne pouvons pas rester les bras croisés et laisser les épidémies continuer de faucher des millions de vies, engloutir des milliards de dollars des économies et mettre notre propre sécurité sanitaire en danger. »

La Directrice exécutive de Health GAP, Asia Russell, a affirmé dans une déclaration préparée que « si ce budget est adopté tel quel, le legs de Donald Trump sera des millions de nouvelles infections et de nouveaux décès évitables – sans parler d’une recrudescence massive de la pandémie de sida ». Mme Russell a ajouté :

« La proposition du président Trump de réduire de plus d’un milliard de dollars le budget de la riposte des États-Unis au VIH dans le monde au cours de l’exercice 2019 montre à quel point il est déconnecté du peuple américain et de ses valeurs. Des Américains d’un bout à l’autre du spectre politique et des quatre coins du pays sont favorables au leadership de longue date du gouvernement américain dans le financement de programmes vitaux de traitement et de prévention du VIH en Afrique subsaharienne et ailleurs dans le monde en développement. »

Mme Russell estime également que « le Congrès devrait traiter cette proposition de la même manière que le premier budget proposé par le président – en le déclarant mort dans l’œuf ».

L’automne dernier, l’OFM expliquait dans un article que les commissions des attributions budgétaires du Sénat et de la Chambre des représentants des États-Unis avaient approuvé le financement des programmes de santé mondiale pour l’exercice 2018, à peu près au même niveau que l’année précédente. « Ce faisant, elles ont ignoré le budget proposé par le président Trump, qui appelait à des réductions totales de 2,5 milliards de dollars, dont 225 millions de dollars de moins pour le Fonds mondial et 1 milliard de dollars de moins pour le PEPFAR. »

 

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