Une base de données des organisations de la société civile au Burkina Faso renforce la réponse communautaire

14 Dec 2015
Elle a permis d’inclure des activités dans la note conceptuelle du renforcement des systèmes de santé

En 2012, le Programme d’Appui au Développement Sanitaire (PADS) du Ministère de la santé, récipiendaire principal du Fonds mondial, a commandité une cartographie des acteurs du monde communautaire intervenant dans le domaine de la santé au Burkina Faso afin d’actualiser une base de données des ONG et associations. En 2008, des travaux similaires avaient été réalisés dans le cadre des activités du PAMAC (Programme d’appui au monde associatif et communautaire). Une revue des bases de données existantes au niveau de la DEP (Direction des études et de la Planification) et de la DSONG (Direction du suivi des organisations non gouvernementales) a également été exploitée.

 

 

Selon Simon Kaboré le directeur exécutif du RAME (Réseau pour l’Accès aux Médicaments Essentiels), et membre de l’ICN (Instance de Coordination Nationale), cette base de données, mise à jour en 2014, a été cruciale pour l’élaboration de la composante communautaire de la note conceptuelle du Burkina Faso sur le Renforcement des Systèmes de Santé (RSS).

 

La base de données oriente les priorités de la subvention RSS

 

La base de données a été une source d’information exhaustive indispensable. En effet, elle fournit des informations sur le type d’activités mises en œuvre par les associations, leurs lieux d’interventions, les personnes à qui profite leur travail et les moyens à leur disposition. Elle inclut également les difficultés rencontrées par les associations et suggère des améliorations pour la coordination des activités, le fonctionnement, le suivi et l’évaluation afin de rendre leur travail plus visible et performant. 

 

Elle a surtout permis d’identifier les faiblesses des organisations à base communautaire dans les domaines de coordination, la verticalité des interventions (toutes les maladies ne sont pas proportionnellement couvertes, selon la base de données seulement 9,3% de structures associatives se consacrent à la lutte contre la tuberculose). Ces informations ont permis d’inclure dans la note conceptuelle des activités de qualité utile pour renforcer la réponse communautaire dans le domaine de la santé en prenant en compte non seulement la prestation de services (accompagnement des malades, suivi communautaire, sensibilisation.), mais également le renforcement institutionnel (paiement du loyer, salaire du personnel, ordinateurs.).

 

Plusieurs défis dans la mise en place de la base de données

 

Mais cette base de données n'a pas été facile à réaliser. Le PADS, commanditaire  de l’étude, a dû recruter une équipe de consultants pour la conduite du processus, composée d’un médecin en santé publique (chef de mission), d’un spécialiste du monde communautaire et d’un ingénieur statisticien.

 

L’équipe de consultants avait pour objectif de faire une revue documentaire sur des ONG et associations intervenant dans le domaine de la santé au niveau communautaire; proposer une méthodologie, des outils de collecte de données et le calendrier de travail; procéder à la collecte des données sur le terrain; élaborer la cartographie et la base de données; et organiser un atelier de restitution de leurs conclusions.

 

Ce processus était supervisé par la Direction Générale de la Santé (DGS). Le rôle de la DGS consistait à valider et fournir des recommandations sur toutes les étapes du processus (méthodologie, calendrier de travail, bilan de la collecte des données, visites de terrain, enquêtes, interviews avec les différents groupes identifiés, rapport provisoire). La mission a duré 60 jours.

 

Le travail de base reposait sur des bases de données existantes qui étaient incomplètes ou comportaient des informations obsolètes. Plusieurs associations ne sont pas parvenues à donner toutes les informations demandées dans le formulaire qui avait été conçu pour la collecte des données. Les principales informations non renseignées ont concerné les équipements (voiture, moto, vélos, ordinateurs) et les financements (montants et source). En effet, certains réseaux d’associations ne disposaient pas de bases de données sur leurs associations membres. Celles qui en disposaient ne les avaient pas mises à jour.

 

Des solutions envisagées dans le cadre du RSS

La base de données a dévoilé des problèmes qui influencent la performance du monde communautaire. Le paquet d’activités des services communautaires ne correspond pas au profil des agents de santé communautaire adopté en 2014. Leur motivation est insuffisante, irrégulière, il n’existe pas d’approche commune pour les interventions communautaires.

 

Des solutions ont été envisagées dans la note conceptuelle RSS, notamment l’élaboration de guides d’orientation des agents de santé communautaire, la formation, la fourniture d’équipements et autres petits matériels, la supervision des activités dans la mise en œuvre de l'ensemble des interventions à base communautaire, l’organisation d’ateliers d'information stratégique pour les élus et les dirigeants locaux, l’organisation de réunions de coordination de suivi trimestriel et l’appui institutionnel aux associations.

 

En reconnaissant la difficulté dans la collecte des informations auprès des associations sur les équipements et les financements, Simon Kabore recommande pour les prochaines échéances une meilleure collaboration avec la CORAB (Coalition des Réseaux et Associations du Burkina) et les partenaires techniques et financiers.

 

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