Un dialogue national plus inclusif en Afrique australe avec une Charte des priorités de la société civile

6. NEWS
21 Jun 2014
Une organisation indépendante a mis au point une méthode participative pour faciliter l’élaboration des notes conceptuelles qui doivent être soumises au Fonds mondial dans le cadre du nouveau modèle de financement.

L’organisation indépendante AIDS Accountability International a publié une nouvelle note (en anglais) qui décrit l'utilisation qui est faite de sa Charte des priorités de la société civile pour garantir un dialogue inclusif et participatif au niveau des pays en Afrique australe, à l'heure où ces pays préparent les notes conceptuelles qui leur permettront d'accéder aux ressources du Fonds mondial.
Un processus d'élaboration des notes conceptuelles plus inclusif et plus participatif dans les pays éligibles est en effet une condition essentielle pour accéder aux subventions octroyées par le Fonds dans le cadre du nouveau modèle de financement (NMF). Les consultations doivent inclure un large éventail de parties prenantes, notamment des groupes de la société civile et des représentants des populations affectées par les trois maladies, lesquels sont habituellement tenus à l'écart des processus décisionnels stratégiques lorsqu'il s'agit de préparer une demande en vue d'obtenir une aide internationale.
Certes, le pouvoir décisionnel concernant l’attribution des financements du Fonds mondial a été jusqu'à présent concentré dans les mains des acteurs les plus influents à la table des négociations. Toutefois, dans certains pays et à certains moments, la société civile s'est exclue elle-même des discussions, de par son incapacité à parler d'une seule voix et à participer de manière significative aux niveaux les plus élevés du débat.
La Charte a pour objectif de changer cet état de fait, en proposant des outils et un cadre d'action permettant d'améliorer la participation au débat sur la base de priorités faisant l'objet d'un consensus dans l'ensemble de la société civile. La participation des groupes marginalisés, notamment des femmes et des filles, ainsi que des populations clés, notamment des hommes qui ont des rapports sexuels avec d'autres hommes, a été jugée essentielle lors du processus d'élaboration de la Charte.
Il en est ressorti un outil de sensibilisation accessible, qui permet aux groupes de la société civile de coordonner leur discours. Au Malawi, au Swaziland, en Tanzanie, en Zambie et au Zimbabwe, les réseaux de la société civile ont remis leurs chartes à l'instance de coordination nationale, exposant les grandes priorités d'une riposte stratégique au VIH, à la tuberculose et au paludisme dans ces pays, en vue de jeter les bases d'une concertation nationale plus inclusive.
Au Swaziland, la Charte servira de document de référence lors de l'élaboration de la note conceptuelle du pays concernant la lutte contre VIH et la tuberculose. Le Swaziland fait partie des 38 pays qui soumettront une note conceptuelle portant sur les deux maladies, en raison d'une forte incidence de la comorbidité liée à la double infection VIH/tuberculose dans ce pays.
Selon Sebia Kwaramba du Réseau de lutte contre le sida au Zimbabwe, la charte a permis d'organiser un dialogue plus inclusif sur la question de la tuberculose dans le pays. « La rédaction de la note conceptuelle est en cours », a-t-elle ajouté.
Gemma Oberth est chercheuse principale au sein d'AIDS Accountability International, une organisation basée au Cap en Afrique du Sud. Elle gère le projet de renforcement des instances de coordination nationale en Afrique, en partenariat avec la Fondation Ford. Elle est membre du comité d'orientation d'Africa Health Watch, une communauté d'expertise cofondée par Aidspan, qui coordonne les observateurs du Fonds mondial en Afrique orientale et australe.

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