Le partenariat du Fonds mondial aurait permis de sauver 32 millions de vies jusqu’à fin 2018

1. NOUVELLES
5 Oct 2019
Le Fonds mondial publie son Rapport 2019 sur les résultats dans la perspective de la sixième conférence de reconstitution des ressources

Le Fonds mondial estime que les programmes de santé soutenus par son partenariat mondial ont permis de sauver 32 millions de vies sur la période allant jusqu’en décembre 2018. Ce chiffre figure dans le Rapport 2019 sur les résultats que le Fonds a publié le 19 septembre 2019.

Le rapport 2019 sur les résultats fournit des données pour l'année 2018. Il s’agit de la seconde année où le rapport repose sur une nouvelle méthodologie de calcul adoptée par le Fonds mondial en 2018. Selon la nouvelle méthode, la plupart des résultats sont présentés sur une base annuelle (contrairement aux résultats cumulatifs précédemment présentés par le Fonds mondial). L’estimation du nombre de vies sauvées constitue une exception à la nouvelle norme; il est toujours rapporté sur une base cumulative.

En 2018, le Fonds mondial estimait que 27 millions de vies avaient été sauvées jusqu’à fin décembre 2017 dans les pays où il investissait. Cela indique que cinq millions de vies supplémentaires ont été sauvées entre décembre 2017 et décembre 2018. Toutefois, le Fonds mondial met en garde contre la comparaison entre les estimations de 2018 et les données de 2017. Dans une note sur la méthodologie incluse dans le rapport 2019 sur les résultats, le Fonds mondial fournit l’explication suivante :

« L’année 2018 constitue la première année du cycle 2018/2020 de mise en œuvre des subventions. Les instances de coordination nationale (ICN) (…) modulent les accords relatifs aux cadres de résultats en fonction de chaque nouveau cycle de subvention (…) Dans la mesure où les indicateurs connexes identifiés par les instances de coordination nationale peuvent varier considérablement d’un cycle à l’autre, certains résultats de 2018 ne peuvent être comparés directement à ceux de l’année précédente, notamment s’agissant des services de prévention du VIH, qui regroupent une gamme de services déterminée par les pays et suivie au niveau national et infranational.”

Pour cette raison, nous nous sommes abstenus de faire des comparaisons entre les estimations jusqu’à fin 2018 et celles jusqu’à fin 2017 dans cet article.

(Remarque: la majorité des subventions provenant des allocations 2017-2019 sont mises en œuvre sur la période 2018-2020. Cependant, ce n'est pas le cas pour toutes les subventions.)

Le rapport 2019 sur les résultats inclut également une analyse des données et fait état de certains des défis à venir. Il s’agit du dernier rapport de résultats à être publié avant la sixième conférence de reconstitution des ressources, le 10 octobre à Lyon, en France.

En plus des 32 millions de vies sauvées estimées, les autres résultats de haut niveau pour la période se terminant en décembre 2018 sont les suivants :

Personnes sous traitement antiretroviral contre le VIH 18,9 millions
Personnes atteintes de tuberculose sous traitement 5,3 millions
Moustiquaires distribuées 131 millions

 

Dans une remarque sur son site Internet, le Fonds mondial déclare qu'il publie les résultats nationaux complets des pays dans lesquels il investit, plutôt que ceux de projets ou d’interventions spécifiques qu’il finance. « Cette préférence reflète un principe fondateur du Fonds, selon lequel il soutient des programmes et des stratégies de santé nationaux visant à atteindre les objectifs établis par les pays. La publication de résultats nationaux complets permet de montrer l’impact des programmes financés avec le soutien de tous les partenaires et de déterminer si les pays sont sur la voie de l’élimination des épidémies à l’horizon 2030 », a déclaré le Fonds.

Dans la suite de cet article, nous fournissons des résultats supplémentaires pour chacune des trois maladies.

 

Résultats pour le VIH

Le nombre de nouvelles infections à VIH en 2018 est estimé à 1,7 million. Le Fonds mondial a déclaré que ce chiffre reste « inacceptable » et qu'il ne baisse pas suffisamment vite pour atteindre l'objectif de l' ONUSIDA de moins de 500 000 personnes infectées par an d' ici 2020.

« Les obstacles tenaces liés au genre et aux droits humains favorisent les nouvelles infections et entravent le recours durable aux services de santé» indique le rapport 2019 sur les résultats. Par conse´quent, les personnes issues des populations cle´s et leurs partenaires repre´sentent de´sormais plus de la moitie´ de toutes les nouvelles infections. Les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, les professionnel.les du sexe, les prisonniers, les personnes transgenres et les usager.es de drogues injectables courent 22 fois plus de risques de contracter le VIH que la population ge´ne´rale.

 

Figure 1 (Source: Rapport 2019 sur les résultats)

 

En outre, selon le rapport, les adolescentes et les jeunes femmes âgées de 15 à 24 ans d’Afrique subsaharienne courent deux fois plus de risques d'être infectées que leurs homologues masculins. Dans les pays les plus touchés, ce chiffre est six fois plus élevé.

La résistance du VIH contre les médicaments est un problème qui gagne du terrain dans le monde, a indiqué le rapport. En Afrique subsaharienne, plus de 10 pour cent des personnes qui entament un traitement antire´troviral sont porteuses d’une souche du VIH qui re´siste aux me´dicaments les plus couramment utilise´s.

Les autres résultats liés au VIH sont les suivants :

  • 719 000 mères séropositives ont reçu des médicaments destinés à prévenir la transmission du virus à leur enfant ; la couverture est passée de 43% en 2010 à 83% en 2018. Cible mondiale : 100% d'ici 2020.
  • 125 millions de tests de dépistage du VIH ont été réalisés. Le pourcentage de personnes vivant avec le VIH qui connaissent leur statut sérologique est passé de 70% en 2015 à 79% en 2018. Cible mondiale : 90% en 2020.
  • 18,9 millions de personnes suivent un traitement antirétroviral contre le VIH, une couverture qui est passée de 22% en 2010 à 62% en 2018. Cible mondiale : 81% d'ici 2020
  • Le pourcentage de personnes vivant avec le VIH dont la charge virale est indétectable est passé de 39% en 2015 à 53% en 2018. Cible mondiale : 73% d'ici 2020.
  • 8,3 millions de personnes ont bénéficié des services de prévention du VIH en 2018, dont 4,6 millions issues des populations clés et 1,8 million de jeunes.
  • 1,5 million de circoncisions masculines médicales ont été réalisées pour la prévention du de la transmission du VIH en 2018.

 

Résultats pour la tuberculose

 

Figure 2 (Source: Rapport 2019 sur les résultats)
 

Avec 5,3 millions de personnes traitées contre la tuberculose en 2018, la couverture de traitement est passée de 49% en 2010 à 61% en 2017 et le taux de succès thérapeutique a atteint 84% en 2016. Les objectifs mondiaux pour la couverture et les taux de succès thérapeutique sont de 90% d'ici 2025.

 

Depuis la publication de la brève communication de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) sur le nouveau schéma thérapeutique de la tuberculose pharmacorésistante en août 2018, le Fonds mondial a fourni 46,6 millions de dollars US à 18 pays par une optimisation de portefeuille visant à soutenir la transition vers de nouveaux schémas thérapeutiques. 

 

Les autres résultats liés à la tuberculose sont les suivants:

  • 114 000 personnes ont reçu un traitement contre la tuberculose multirésistante en 2018 (TB-MDR). La couverture de traitement de la tuberculose est passée de 49% en 2010 à 61% en 2017 et le taux de succès thérapeutique a atteint 84% en 20163. Objectifs mondiaux pour la couverture et les taux de succès thérapeutique : 90% d’ici 2025.
  • En 2018, 6 771 personnes atteintes de tuberculose ultrarésistante ont reçu un traitement;
  • 332 000 patients tuberculeux séropositifs au VIH ont bénéficié d’une thérapie antirétrovirale pendant le traitement antituberculeux en 2018.
  • 142 740 enfants en contact avec des patients tuberculeux ont rec¸u un traitement préventif en 2018 dans les pays où le Fonds mondial investit.

 

Résultats pour le paludisme

 

Figure 3 (Source: Rapport 2019 sur les résultats)
 

Les autres résultats liés au paludisme pour 2018 sont les suivants:

  • 9,4 millions de femmes enceintes ont reçu un traitement préventif contre le paludisme.
  • 6,7 millions de structures ont été traitées par pulvérisations intradomiciliaires d’insecticide à effet rémanent.
  • 220 millions de cas suspects de paludisme ont reçu un test de dépistage.
  • 110 millions de cas de paludisme ont été traités.

 

COMMENTAIRE D’AIDSPAN: Lorsque le Fonds mondial publiait ses résultats sur une base cumulative, il était facile de faire des comparaisons d’une année sur l’autre et de détecter les tendances. Lorsque le Fonds a introduit les rapports annuels en 2018 (pour les résultats de fin 2017), il a déclaré que les comparaisons étaient impossibles pendant la transition, c'est-à-dire entre 2017 et 2016. Toutefois, il a indiqué que lorsque les résultats de 2018 seraient publiés, les comparaisons d’une année sur l’autre pourraient reprendre. (Consulter l'article de l’OFM ici en exemple). Malheureusement, cela n'a pas été le cas. Comme il est indiqué dans cet article, dans le rapport 2019 sur les résultats, le Fonds mondial a expliqué qu'étant donné que 2018 constituait la première année du cycle 2018-2020 de mise en oeuvre des subventions, de nombreux indicateurs utilisés pour mesurer les résultats auront changé entre 2017 et 2018 au niveau des pays. Cela signifie-t-il que des comparaisons limitées seront donc possible d'une année sur l'autre pour 2019 et 2020, soit les deuxième et troisième années du cycle? Peut-être. Il faut cependant s'attendre à de nouvelles variations au niveau des indicateurs en 2021, la première année du prochain cycle de subvention. Par ailleurs, les indicateurs ne varieront-ils pas d'un pays à l'autre? Il semble donc qu'il ne sera plus possible de faire des comparaisons d’une année sur l’autre à l’échelle mondiale.

 

Les résultats par pays

Le Fonds mondial a indiqué que les résultats propres à chaque pays sont disponibles sur les pages dédiées aux pays sur le site Internet du Fonds mondial, accessibles via son site Explorateur de données. Le Fonds mondial a expliqué que les résultats de 2018 pouvaient différer des résultats précédemment publiés en raison de mises à jour et de corrections rétroactives. 

 

Autres ressources :

  • Méthodologie: Le dernier chapitre du rapport 2019 sur les résultats se concentre sur la méthodologie. Une note plus élaborée est disponible dans un document en annexe: Rapport 2019 sur les résultats - Annexe 1, Méthodologie (en anglais). Le document figurant à l'annexe 1 contient une comparaison des résultats pour certains services entre fin 2017 et fin 2018, ainsi qu'une explication relative à certaines des différences présentées. Enfin, une description détaillée de la méthodologie de reporting du Fonds mondial est disponible (en anglais) ici sur le site Internet du Fonds mondial.
  • Un résumé d'une page du rapport 2019 sur les résultats
  • Argumentaire d'investissement pour la sixième reconstitution des ressources (rapport completrésumé)

 


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