Le Fonds mondial ne prévoit pas d’inclure immédiatement le nouveau vaccin contre le paludisme dans les programmes qu’il soutient.

5 Nov 2015
Des inquiétudes demeurent sur la manière dont le vaccin peut être administré efficacement

Le Fonds mondial n’a, pour le moment, pas l’intention de promouvoir l’inclusion du nouveau vaccin contre le paludisme dans les programmes qu’il soutient. Si le vaccin est prometteur, des inquiétudes demeurent sur la manière dont il peut être administré efficacement.

Le vaccinn dont le nom commercial est Mosquirix, a été développé grâce à un partenariat entre GlaxoSmithKline Biologicals et l’initative du vaccin contre le paludisme, PATH. Il agit contre le Plasmodium falciparum, le parasite le plus mortel et le plus répandu en Afrique. Des tests cliniques en Afrique sub-saharienne pendant une période de quatre années ont montré qu’il était efficace et sûr, réduisant les cas de paludisme chez les jeunes enfants à hauteur de 36%. Il s’agit du premier vaccin contre le paludisme dans le monde.

Deux groupes de conseil consultatifs de l’Organisation Mondiale de la Santé – le groupe stratégique consultatif d’experts sur l’immunisation et le Comité consultatif de gestion du paludisme – déconseillent l’utilisation immédiate de ce vaccin à une grande échelle. Ils ont appelé à une mise en œuvre pilote dans 3 à 5 pays d’Afrique sub-saharienne.

Dans un communiqué conjoint daté du 23 octobre, le Fonds mondial et Gavi déclarent qu’ils souhaitent attendre les recommandations de l’OMS avant de prendre une décision sur la manière de procéder.

Cette prudence s’explique par plusieurs facteurs. Certains d’entre eux ont été résumés dans un article (accessible ici en anglais) de Seth Berkley, le président directeur général de Gavi et Mark Dybul, le directeur exécutif du Fonds mondial, publié sur le site du Fonds mondial le 29 octobre.

Mosquirix requiert quatre doses, ce qui est beaucoup pour un vaccin. Les tests cliniques suggèrent que son efficacité relativement basse peut être encore plus réduite si la quatrième dose n’est pas administrée, le taux de protection passant alors à 28% pour les cas cliniques et à presque zéro pour les cas les plus sévères. « C’est inquiétant, déclarent les auteurs, car plus il y a de doses pour un vaccin, plus le taux d’abandon est élevé. »

La question est de savoir à quel point Mosquirix peut être administré de manière fiable. Pour atteindre l’effet maximum, il devrait être donné à des enfants à partir de l’âge de cinq mois, la quatrième dose étant donnée à l’âge de deux ans. « Ces exigences sont difficiles à appliquer dans les pays les plus pauvres où les enfants font l’objet de vaccinations de routine lorsqu’ils ont entre six et 14 semaines. », affirment les auteurs.

Même si une couverture importante peut être atteinte, « il reste un danger : que la nouvelle du vaccin donne aux gens un faux sentiment de sécurité qui les amène à moins utiliser les autres protections contre le paludisme, ce qui pourrait avoir des conséquences tragiques ». Les moustiquaires imprégnées et les médicaments anti-paludiques ont eu pour résultat une baisse de 37% des cas de paludisme depuis 2000 au niveau mondial avec un déclin de 60% de la mortalité.

« Mosquirix n’est pas une soution magique, il n’est qu’un outil complémentaire pour réduire le paludisme, seulement un parmi d’autres, déjà utilisés », concluent les auteurs.

Dans sa déclaration du 23 octobre, le Fonds mondial affirme qu’il continuera à travailler avec Gavi pour un plan éventuel d’utilisation du vaccin « si les recommandations de l’OMS vont dans ce sens et si Gavi et le Fonds mondial décident de promouvoir le vaccin conjointemet avec d’autres interventions contre le paludisme qui ont déjà montré leur efficacité ».

Si le Fonds mondial et Gavi décident de promouvoir l’usage du vaccin, ils opteront probablement pour une mise en œuvre pilote ainsi que les groupes consultatifs de l’OMS l’ont recommandé.

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