Le Fonds mondial approuve des financements reconduits ou provisoires pour 310 millions de dollars

23 May 2014
Les programmes kenyans de lutte contre le VIH recevront 223 millions de dollars

Le 25 avril dernier, le Conseil d'administration du Fonds mondial a approuvé des financements reconduits ou provisoires pour un montant de 310 millions de dollars. Ces fonds ne sont pas des ressources supplémentaires, mais correspondent aux enveloppes allouées aux pays telles que celles-ci ont été annoncées le 12 mars dernier.

La décision du Conseil a été guidée par les recommandations formulées en décembre 2013 par le Comité technique d'examen des propositions et le Comité d'approbation des subventions (CAS) du Secrétariat. En substance, ces recommandations, qui portent sur chaque pays, soutiennent les efforts en cours visant à encourager les candidats à fusionner leurs demandes de financement dans des notes conceptuelles couvrant l'ensemble des fonds qui leur ont été alloués pour la période 2014-2016.

Les financements approuvés le 25 avril aideront à éviter des interruptions de programme en prolongeant des subventions qui devaient être clôturées au 30 juin. Les montants de ces enveloppes s'élèvent à 247 millions de dollars pour les financements reconduits (cf. Tableau 1) et à 63 millions de dollars pour les financements provisoires accordés dans le cadre de la phase de transition vers le nouveau modèle de financement (NMF) (cf. Tableau 2).

Tableau 1 : Financements accordés dans le cadre de reconductions de subventions (extrait du rapport GF-B31-ER04 du CAS)





Pays

Composante

Numéro de subvention

Plafond
(en millions de dollars)

Éthiopie

Tuberculose

ETH-T-FMOH

41,2

Kenya

VIH

KEN-H-KRC

23,9

VIH

KEN-H-MOF

146,3

Maroc

VIH

MOR-011-G04-H

23,2

Tuberculose

MOR-011-G05-T

4,2

Ouganda

Tuberculose

UGD-T-MoFPED

8,8

TOTAL

247,6

Un montant de 223 millions de dollars a été alloué aux programmes kenyans de lutte contre le VIH, dont 170,2 millions au titre des reconductions et 53 millions sous forme d'un financement provisoire dans le cadre du NMF. Le montant total de l'enveloppe accordée au Kenya pour lutter contre le VIH sur la période 2014-2016 s'élève à 337,3 millions de dollars.

Tous les montants indiqués dans les tableaux sont des plafonds ; les montants réellement engagés pourraient être inférieurs.

Tableau 2 : Financements provisoires accordés (extrait du rapport GF-B31-ER04 du CAS)





Pays

Composante

Numéro de subvention

Plafond
(en millions de dollars)

Éthiopie

Tuberculose

ETH-T-FMOH

9,0

Kenya

VIH

KEN-H-KRC

6,9

VIH

KEN-H-MOF

46,1

Moldavie*

VIH

MOL-H-PCIMU

1,0

TOTAL

63,0

* Le montant accordé à la Moldavie était de 731 918 €, convertis en USD au taux de 1,3822.

Des renseignements sur les récipiendaires sont donnés ci-après.

L'Éthiopie a la huitième charge de morbidité attribuable à la tuberculose dans le monde et fait également partie des 27 pays ayant une charge de morbidité élevée due à la tuberculose multirésistante. Même si, selon les estimations, l'incidence, la prévalence et le taux de mortalité ont baissé respectivement de 33%, 47% et 63% entre 1990 et 2012, la charge de morbidité due à la maladie reste élevée. On estime à 230 000 le nombre de nouveaux cas de tuberculose et à 160 000 le nombre de décès liés à cette maladie chaque année. Seules 10 à 15% des personnes atteintes de tuberculose multirésistante (cas recensés) ont bénéficié d'un traitement de deuxième intention en 2011-2012.

L'Éthiopie va utiliser l'argent du Fonds mondial pour atteindre les objectifs de son Plan stratégique national 2014-2020 actualisé, à savoir : diagnostiquer et traiter près de 460 000 cas de tuberculose, ce qui ferait passer le taux de détection des cas de 64% à 85% ; un taux de réussite des traitements supérieur à 90% ; le traitement de près de 2900 cas de tuberculose multirésistante ; la dispensation de traitements antituberculeux et antirétroviraux à près de 44 000 patients tuberculeux qui vivent avec le VIH.

D'autres programmes portent sur le renforcement des moyens des laboratoires en matière d'examen microscopique et de culture des frottis, et sur l'achat et le déploiement de 30 machines GeneXpert supplémentaires. Des actions transversales visant à renforcer les systèmes de santé sont également envisagées, notamment la formation des agents de vulgarisation sanitaire et l'extension de la prise en charge communautaire de la tuberculose dans les postes sanitaires (100% à la fin de 2014 contre 44% actuellement).

L'instance de coordination nationale (ICN) a l'intention de présenter une note conceptuelle unique en août 2014, couvrant l'ensemble des financements consacrés à la lutte contre la tuberculose et le VIH dans le cadre du NMF.

Le Kenya a obtenu des résultats spectaculaires dans la lutte contre le VIH. Le nombre annuel des nouvelles infections a diminué de 18% entre 2007 et 2012 ; le nombre des décès liés au sida a baissé de 40% depuis 2009 ; celui des nouvelles infections chez les enfants a diminué de 44% entre 2009 et 2012 ; enfin, au moins de juin 2013, 619 669 personnes recevaient un traitement antirétroviral conformément aux directives de l'OMS de 2010 (taux de couverture de 83%). À l'échelle nationale, la prévalence du VIH est passée de 7,2% en 2007 à 5,6% en 2012, mais elle a augmenté dans deux régions. La prévalence est plus élevée chez les femmes que chez les hommes et l'épidémie touche de manière disproportionnée certaines populations clés, notamment les hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes (prévalence estimée de 15%), les professionnel(le)s du sexe (29%), les consommateurs de drogues injectables (18%), les détenus (8%) et les communautés de pêcheurs (26%).

Le plan stratégique du Kenya cible à la fois la population générale et les principales populations affectées ainsi que les régions où les taux de transmission sont les plus élevés. Les participants à la concertation nationale permanente ont souligné la nécessité de mettre l'accent sur la prévention combinée du VIH, et notamment d'investir dans des actions de prévention complémentaires qui ne sont pas actuellement financées par le Fonds mondial, à savoir, la circoncision masculine médicale et volontaire et la distribution de préservatifs.

Le budget inclut 53 millions de dollars destinés à aider le Kenya à mettre en œuvre les lignes directrices de l'OMS sur l'utilisation des antirétroviraux publiées en 2013, le but étant d'atteindre l'accès universel aux traitements d'ici 2017. Le pays sera incité à investir davantage dans des stratégies sexospécifiques et dans le renforcement des systèmes communautaires, conformément aux recommandations du Comité d’approbation des subventions.

L'ICN du Kenya a l'intention de présenter une note conceptuelle unique en janvier 2015, couvrant l'ensemble des financements consacrés à la lutte contre la tuberculose et le VIH dans le cadre du NMF.

Au Maroc, la prévalence du VIH reste faible dans la population générale (0,14%), mais une enquête de surveillance sentinelle menée en 2010-2011 a révélé une prévalence de 11,4% chez les consommateurs de drogues injectables (CDI), de 5,1% chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH), et de 1,9% chez les professionnelles du sexe. Ces populations vulnérables, ainsi que les clients des professionnelles du sexe, représentent 67% des nouvelles infections.  

Le Plan stratégique national 2012-2016 du Maroc comporte des stratégies ciblées pour chaque groupe vulnérable et consacre les deux tiers de son budget jusqu'en 2016 à la mise en œuvre d'activités à fort impact pour les populations mentionnées plus haut ainsi que pour les migrants, les chauffeurs routiers, les clients des professionnelles du sexes, les personnels en uniforme, la population carcérale, les ouvriers de la construction, les travailleurs saisonniers, et les femmes et les jeunes en situation de vulnérabilité.

Le Maroc envisage également d'adopter les lignes directrices de l'OMS sur l'utilisation des antirétroviraux publiées en 2013, ce qui aura pour effet d'augmenter de 24% le nombre de patients éligibles aux traitements antirétroviraux d'ici fin 2016. Les coûts des traitements seront partagés à parts égales entre le Fonds mondial et le gouvernement. Le but est d'atteindre 50% de l'objectif national consistant à faire en sorte que 2,4 millions de personnes accèdent à des services de conseil et de dépistage du VIH d'ici 2016. Près de 5 millions de dollars, soit environ 20% des 23 millions de dollars alloués au Maroc, seront affectés au renforcement des systèmes communautaires.

L'Ouganda a l'une des charges de morbidité dues à la tuberculose parmi les plus élevées au monde. Même si le taux de réussite thérapeutique est passé de 63% à 77% chez les patients ayant débuté un traitement entre 2000 et 2011, il reste inférieur à l'objectif mondial et n'atteint pas la moyenne de 82% pour ce groupe en Afrique. Parmi les personnes coïnfectées par la tuberculose et le VIH, 59% seulement sont sous traitement antirétroviral.

Au cours de la prochaine période de mise en œuvre, l'objectif sera de réduire la mortalité et la morbidité dues à la tuberculose. Le budget comprend des fonds destinés à l'amélioration des capacités de diagnostic, à la mobilisation communautaire et à des activités conjointes de lutte contre la tuberculose et le VIH. Le programme national de lutte contre la tuberculose a pour objectif d'accroître la couverture des traitements antirétroviraux pour les patients coïnfectés par la tuberculose et le VIH, et de passer de 60% mi-2013 à 75% fin 2014, puis 100% fin 2015.

L'ICN de l'Ouganda doit présenter une note conceptuelle couvrant son financement au titre du NFM d'ici octobre 2014.

En Moldavie, l'épidémie de VIH se concentre principalement dans la population des consommateurs de drogues injectables. En se basant sur les directives de l'OMS de 2010, on estime que 35% seulement des personnes nécessitant un traitement antirétroviral en bénéficiaient à la fin de l'année 2012. Les recommandations issues de la concertation nationale préconisent de consacrer des fonds à l'achat d'ARV afin de disposer d'un stock suffisant pour couvrir l'ensemble des besoins en 2015. Cela contribuera à transférer au gouvernement la pleine responsabilité des approvisionnements en ARV; jusqu'en 2013, tous les traitements antirétroviraux étaient payés par le Fonds.

L'ICN de la Moldavie prévoit de présenter une note conceptuelle couvrant son financement au titre du NFM d'ici mai 2014.

Prorogations de subventions

Le Conseil d'administration du Fonds mondial a également approuvé la prorogation pour 10 mois d'une subvention de 13 millions de dollars pour lutter contre le VIH au Soudan (SUD-011-G15-H) afin d'éviter une interruption des services entre la fin de la phase 1 et le début de la phase 2 en janvier 2015. L'ICN du Soudan doit présenter une note conceptuelle dans les prochains mois couvrant la totalité de son financement consacré à la lutte contre le VIH dans le cadre du NMF.

En vertu des pouvoirs qui lui sont délégués, le Secrétariat a approuvé une prorogation pour trois mois de deux subventions destinées à la lutte contre le paludisme au Sénégal, pour un total de 11 millions de dollars. Ces fonds étaient nécessaires pour acquérir et distribuer des moustiquaires imprégnées d'insecticide longue durée et permettre une transition en douceur vers le NMF.

Le Secrétariat a également approuvé la prorogation non chiffrée des subventions suivantes : subventions pour lutter contre la tuberculose en Afghanistan et en République centrafricaine ; subvention destinée à la lutte contre le VIH au Kirghizistan et subvention multi-pays en Afrique australe (SADC) ; subvention pour lutter contre le paludisme au Rwanda ; subvention destinée au renforcement des systèmes de santé au Vietnam.

Les informations utilisées pour rédiger cet article sont extraites des décisions du Conseil d'administration GF-B31-EDP05, GF-B31-EDP06 et GF-B31-EDP 07, ainsi que du Rapport GF-B31-ER04 du Comité d'approbation des subventions du Secrétariat. Ces documents ne sont pas disponibles sur le site web du Fonds mondial.

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