La contribution européenne de 470 millions d’euros est un bon début pour la campagne de reconstitution des ressources du Fonds mondial

7. NOUVELLES
22 Mar 2016
Les défenseurs du Fonds mondial se réunissent à Amsterdam pour développer une stratégie pour la reconstitution des ressources

La Commission Européenne contribue à hauteur de 470 millions d’euros au Fonds mondial pour 2017-2019, soit une augmentation de 27% par rapport à celle de 2014-2016.

La contribution annoncée le 3 mars est la première dans le cadre de la 5ème campagne de reconstitution des ressources. Elle envoie un signal fort aux autres donateurs, en les incitant à augmenter leurs propres contributions.

« La contribution européenne permettra de sauver 8 millions de vies supplémentaires et d’éviter 300 millions de nouvelles contaminations », a affirmé Nevin Mimica, le Commissaire européen pour le Développement et la Coopération Internationale. « J’appelle les autres donateurs à augmenter leurs contributions afin que des systèmes de santé plus résilients soient mis en place et que les besoins particuliers des femmes et des filles, ainsi que ceux des populations clés soient mieux servis. »

Le Commissaire a ajouté que « l’une des leçons de l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest a été la nécessité claire de renforcer les systèmes de santé dans les pays en développement. »

Le Directeur Exécutif du Fonds mondial, Mark Dybul a loué le bon exemple donné par la Commission Européenne en matière de santé mondiale. « Au moment où l’Europe fait face à des difficultés par rapport à la crise des migrants et au changement du climat, mettre fin aux épidémies est une priorité numéro un. C’est lié à la stabilité sociale, à l’éducation et à l’accroissement des possibilités », a-t-il affirmé. 48% des contributions proviennent de l’Europe.

Au Forum Economique Mondial à Davos en Suisse en janvier dernier, Salesforce, leader mondial des sociétés de système de gestion de la relation clients, a annoncé une contribution de 5 millions de dollars au Fonds mondial. Cela s’ajoutait à la contribution d’un million faite en 2015. Salesforce a confirmé son partenariat avec RED, l’organisation fondée par Bono et Bobby Shriver pour permettre aux individus et aux entreprises de contribuer plus facilement à la lutte contre le VIH et à réunir les efforts pour donner naissance à une génération sans SIDA. RED a contribué à hauteur de 350 millions de dollars au Fonds mondial.

Sur le front du plaidoyer, les participants au groupe de travail de la société civile du G7 – qui rassemble des spécialistes des politiques de santé, des activistes et des militants des pays du G7 – ont envoyé une lettre ouverte signée par 176 organisations au Groupe de Travail des Experts de Santé du G7, appelant à « un calendrier réellement novateur en faveur de la santé et du développement durable ». Le groupe de travail a demandé au G7 de « mener le processus de la cinquième reconstitution des ressources du Fonds mondial pour assurer son financement complet » et a souligné qu’un investissement en ce sens soutiendra des systèmes de santé résilients, ce qui contribuera à la couverture santé universelle, l’un des Objectifs de Développement Durable (ODD).

La fondation espagnole, Salud por Derecho, (le Droit à la Santé) a publié un article provocateur dans le quotidien national El Pais, pointant du doigt le fait que l’Espagne n’a pas fait une seule contribution au Fonds mondial ces quatre dernières années. Le pays a pourtant donné 650 millions d’euros durant la dernière décennie et a été le cinquième plus important donateur du Fonds mondial.

Réunion du GFAN

Le Réseau des Défenseurs du Fonds mondial (GFAN) a tenu sa réunion annuelle portant sur sa stratégie à Amsterdam du 26 au 28 janvier. Cette réunion clé a rassemblé les représentants de plus de 60 organisations de plaidoyer, telles que Results UK, Results US, Africa Japan Forum, Malaria No More UK, and the Stop AIDS Alliance.

Les bénéficiaires du New Venture Fund for Global Fund Advocacy, une organisation publique caritative américaine sur la santé mondiale participaient également à la réunion, ainsi que les délégations de la société civile du Conseil d’administration du Fonds mondial, le personnel du Secrétariat et les partenaires techniques.

Christoph Benn, le Directeur des Relations Extérieures au Fonds mondial a mentionné l’impact du taux de change sur les efforts de reconstitution des ressources étant donné que de nombreuses devises ont baissé de manière importante par rapport au dollar américain. Les pays touchés vont devoir augmenter leurs contributions (dans leur devise) de 20% juste pour rester à la hauteur de leur engagement de 2014-2016. Il leur faudra augmenter leurs contributions de plus de 20% pour générer un financement supplémentaire pour la reconstitution des ressources.

Le taux de change n’est pas le seul problème. Dans l’environnement complexe actuel concernant la santé mondiale, les trois maladies ne sont pas toujours une priorité dans le calendrier politique en raison de la crise des réfugiés. Mark Dybul a déclaré qu’on ne pouvait pas avoir un seul message consistant à vouloir « mettre fin aux épidémies ». Il a suggéré que des arguments plus persuasifs soient élaborés autour des thèmes des droits de l’homme, du genre, des LGBTI et des systèmes de santé. Il a également fait remarquer que la mobilisation des ressources domestiques était une priorité, surtout pour les pays en transition.

Autres développements

Mark Dybul était récemment en Australie pour appeler à un soutien de la reconstitution des ressources. Durant la visite, il a donné une conférence à l’université nationale d’Australie. (La conférence peut être regardée ici). L’Australie est le 10ème plus important donateur du Fonds mondial (en se basant sur les financements de la période 2014-2016), mais la visite du directeur exécutif survient à un moment où le budget de l’aide internationale continue à décliner. Le budget 2015-2016 a été réduit de 20%, portant le montant total de la réduction de l’aide depuis 2013 à 11,3 milliards de dollars australiens. Le pays est le principal bailleur de fonds dans la région Indopacifique.

L’administration Obama aux Etats Unis a présenté un budget pour l’année fiscale 2017 qui voit le financement au Fonds mondial maintenu au même niveau que l’année précédente : 1,35 milliards de dollars. Si le Congrès entérine ce montant, cela signifie que les Etats-Unis s’apprêtent à contribuer au moins 4 milliards de dollars pour 2017-2019, ce qui était le montant de sa contribution pour la période précédente.

Plus au nord, au Canada, Melinda Gates a encouragé le Premier ministre Justin Trudeau à développer un plan pour atteindre l’objectif de 0,7% du revenu national brut consacré à l’aide internationale. Le budget de l’aide est également en déclin depuis dix ans, tombant à environ 0,24%. Melinda Gates a précisé que cette augmentation de l’aide devait inclure un soutien important au Fonds mondial.

Dans les pays nordiques, la Suède a réduit sa contribution au Fonds mondial en 2016 de 35% dans le cadre d’une réduction globale de son budget de l’aide internationale. La crise des réfugiés a été citée comme raison principale pour cette baisse. Un compte-rendu plus détaillé des coupes budgétaires et des réactions des activistes peut être trouvé ici.

Les efforts de plaidoyer vont se renforcer les prochains mois à l’approche de la conférence pour la cinquième reconstitution des ressources qui devrait se tenir au dernier trimestre 2016. Le lieu n’a pas encore été annoncé.


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