L’OMS préconise le traitement rapide de toutes les personnes vivant avec le VIH

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14 Oct 2015
L’application des nouvelles recommandations requiert une hausse spectaculaire de l’aide financière accordée par les donateurs et les gouvernements

L’Organisation mondiale de la Santé a réactualisé ses lignes directrices concernant le traitement du VIH, selon lesquelles toutes les personnes diagnostiquées séropositives doivent être traitées immédiatement.

L’OMS préconisait jusqu’ici d’attendre l’affaiblissement du système immunitaire pour démarrer un traitement antirétroviral chez certains sujets infectés. L’Organisation a déclaré que les nouvelles recommandations s’appuyaient sur les résultats récents d’essais cliniques confirmant que l’administration précoce d’un traitement antirétroviral « permet de garder les patients en vie, en meilleure santé, et diminue le risque de transmission aux partenaires ».

Selon l’Associated Press, les nouvelles recommandations permettront à l’ensemble des 37 millions de personnes vivant actuellement avec le VIH dans le monde de bénéficier d’un traitement antirétroviral immédiat, « une perspective qui semble peu réaliste dans les pays pauvres, où nombre de patients n’ont encore reçu aucun traitement contre le VIH ». L’an dernier, seulement quelque 15 millions de personnes vivant avec le VIH ont été traitées.

S’ils ont accueilli favorablement ces nouvelles recommandations, les experts ont toutefois prévenu que leur application nécessiterait un apport substantiel de fonds et une refonte des stratégies actuelles. Un expert a par ailleurs déclaré que la prise en charge des patients infectés par le VIH ne devait plus avoir lieu en milieu hospitalier mais au sein des communautés elles-mêmes.

Selon l’OMS et l’ONUSIDA, ces nouvelles lignes directrices peuvent contribuer à éviter 21 millions de décès liés au sida et 28 millions de nouvelles infections d’ici 2030.

Mark Dybul, Directeur exécutif du Fonds mondial, a confié à la BBC que « ces nouvelles recommandations revêtent une importance capitale pour nous aider à atteindre notre objectif, à savoir le traitement rapide et la prévention de l’infection à VIH. Il faudra nourrir cette ambition si nous voulons mettre un terme à l’épidémie de VIH/sida en tant que menace pour la santé publique ».                      

Médecins Sans Frontières à déclaré à Reuters que la mise sous traitement de toute personne infectée permettra d’éviter que nombre de séropositifs dans les pays pauvres ne passent à travers les mailles du filet. MSF a indiqué que son expérience dans la prise en charge du VIH avait montré qu’un tiers des personnes diagnostiquées séropositives, mais n’étant pas éligibles au traitement, ne sont jamais revenues dans une structure de santé. MSF a cependant averti que l’application de ces nouvelles recommandations nécessiterait un soutien financier accru de la part des donateurs et des gouvernements.  

Voir également l’article sur la déclaration de consensus de Vancouver dans le bulletin OFM.


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