Le Fonds remédie au problème de pénurie d’ARV en Ouganda

22 Feb 2016
L’équivalent d’une année de stock a été achetée à l’avance

En janvier, en réponse à une rupture d’antirétroviraux en Ouganda, le Secrétariat du Fonds mondial a organisé l’achat de stock de médicaments. Par mesure de précaution, l’équivalent d’une année de stock a également été fournie en avance dont le premier lot est attendu en mars. C’est un soulagement pour les 241 000 Ougandais qui sont sous ARV financés par le Fonds mondial. 

Avec l’aide des bailleurs de fonds, l’Ouganda a augmenté le nombre de personnes sous antirétroviraux : le chiffre de structures de santé offrant des ARV est passé de 475 en 2011 à 1603 en juin 2014. La couverture du traitement est passée de 43% en 2013 à 48% en juin 2014.

Or, ces progrès auraient pu être remis en cause par les ruptures de stock qui ont frappé le pays dans les derniers mois de 2015. Selon un rapport de situation de la division des réserves pharmaceutiques du Ministère de la Santé, daté du 1er octobre 2015, des ARV de première et deuxième ligne pour adultes et pédiatriques étaient en rupture de stock à la Réserve Médicale Nationale (National Medical Stores ou NMS). Le NMS distribue les médicaments de première nécessité à toutes les structures de santé en Ouganda.

Le rapport révèle que certains ARV étaient en rupture de stock au niveau de la structure de santé. Cependant, le nombre de personnes touchées par le VIH et affectées par ce problème reste difficile à déterminer.

La pénurie pourrait avoir été causée par la dépréciation du shilling ougandais concomittante à l’augmentation du nombre de personnes contaminées par le VIH ayant accès au traitement ARV. Le shilling ougandais a perdu environ 27% de sa valeur face au dollar durant l’année fiscale 2014-2015. Par conséquent, le récipiendaire principal, le Ministère des Finances, du Plan et du Développement Economique n’a pas été capable d’acheter tous les ARV qui étaient prévus dans le budget.

L’Ouganda a augmenté les soins ARV à travers sa stratégie de dépistage et de traitement qui prévoit que le traitement soit initié immédiatement après le diagnostic, sans tenir compte du nombre de CD4 pour les femmes enceintes, les populations clés, les personnes co-infectées par le VIH et la TB et les enfants âgés de moins de 15 ans. Selon le Fonds mondial, 20 500 personnes supplémentaires sont sous traitement ARV chaque année depuis 2014.

En octobre 2015, le RP a informé le Secrétariat des pénuries et demandé que la livraison prévue des médicaments soit accélérée. La décision d’envoyer une année de réserve a été prise après une analyse des risques et des avantages menée par le Fonds mondial. L’organisation va probablement dépenser plus d’argent que ce qui était prévu pour les ARV dans la subvention. Ce qui pourrait aboutir à un manque financier avant son expiration en 2017. Cependant le Fonds mondial estime que c’est un risque qu’il faut prendre.

« Tout autre mesure n’aurait fait qu’empirer la situation », affirme Marcela Rojo, porte-parole du Fonds mondial. « C’était ça ou la certitude d’avoir interruptions de traitement maintenant ».

Le Fonds mondial est en discussion avec le RP pour trouver des solutions sur le long-terme. En 2012, le gouvernement a contribué à hauteur de 12% du montant total dépensé pour la lutte contre le VIH. Les bailleurs ont contribué à hauteur de 68% et les 20% restants proviennent de sources privées, comprenant notamment les individus ayant payé pour les soins VIH.

« Nous conseillons au gouvernement de mobiliser des ressources supplémentaires du Ministère des Finances et d’autres partenaires pour combler les lacunes et trouver une solution durable », affirme Mme Namirimu, la porte-parole du réseau ougandais des organisations de soins contre le SIDA. Selon elle, un des moyens d’empêcher ce genre de pénurie serait de rendre opérationnel le fonds financier VIH/SIDA. Le Parlement ougandais a créé ce fonds en 2014. Le principal objectif de ce fonds est justement de garantir que des ressources soient disponibles pour le dépistage, le soutien psychologique et le traitement contre le VIH. Son financement provient de différentes sources telles qu’une retenue de 2% sur le montant total des taxes imposées sur les sodas, la bière, l’eau et d’autres produits de consommation, une part des revenus provenant d’autres taxes et des donations. (voir notre article en anglais).

« Si une personne vivant avec le VIH sous traitement de ligne une l’interrompt, elle deviendra résistante à ce traitement et aura besoin d’un traitement de deuxième ligne qui sera plus cher pour le pays », affirme Mme Namirimu.

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